4 jours au festival Longueur d’ondes à Brest

Ou comment le son m’a rappelé pourquoi j’aime tant raconter des histoires

Il y a des festivals où l’on court.
Et puis il y a ceux où l’on écoute.

Pendant quatre jours, au Festival Longueur d’ondes, j’ai posé mon sac, mes certitudes, et parfois même mon agenda.
Et je me suis laissée traverser.

Traverser par des voix.
Des silences.
Des récits intimes, politiques, dérangeants, lumineux.
Des histoires vraies, racontées avec soin.

Écouter, vraiment

Ce qui m’a frappée dès les premières écoutes, c’est cette question qui revenait partout, sous mille formes :
à qui appartient une histoire ?

À celui qui la vit ?
À celui qui la raconte ?
À celui qui l’écoute ?

Qu’il s’agisse de récits de binationalité, de filiation, de psychiatrie, de colonisation, de luttes sociales ou de secrets familiaux, le même fil rouge apparaissait :
mettre en récit, c’est tenter de faire sens.

Pas pour expliquer.
Mais pour tenir debout.
Pour déposer.
Pour transformer quelque chose de trop lourd, trop flou, trop douloureux.

Le son, cet outil du temps long

J’ai entendu des documentaires fabriqués sur deux ans.
Des récits montés à six mains, avec des chercheurs, des historien·nes, des anthropologues.
Des fictions écrites au millimètre pour laisser respirer le montage.
Des archives sonores devenues matière vivante.
Des voix anonymes qui, une fois diffusées, deviennent collectives.

Et cette phrase, notée dans un coin de carnet, qui ne m’a plus quittée :

« Le podcast, c’est un outil du temps long. »

Un temps long pour créer la confiance.
Un temps long pour écouter sans interrompre.
Un temps long pour revenir, réécrire, douter, recommencer.

Tout l’inverse du bruit.

Intime ≠ impudique

Beaucoup de discussions ont tourné autour de l’intime.
De cette ligne fine entre se raconter… et se protéger.

Raconter une histoire vraie ne veut pas dire tout dire.
Ça veut dire choisir un point de vue,
assumer un prisme,
être honnête sur sa place.

J’ai été profondément touchée par ces récits où la voix du narrateur est assumée : « je suis un humain, avec mes angles morts, mes émotions, mon histoire ».

Et bizarrement, c’est là que la confiance s’installe.

Parce que quand on sent la personne derrière le micro, on adhère autrement.

L’éthique, toujours

Un autre mot est revenu souvent : responsabilité.

Le micro sacralise.
Il autorise la parole.
Mais il engage aussi.

Faire écouter les épisodes aux personnes concernées.
Accepter qu’un “oui” d’hier devienne un “non” aujourd’hui.
Ralentir.
Valider.
Parfois renoncer.

Et se souvenir d’une chose essentielle :
– nous ne sommes pas des psys.
– donner la parole ne “sauve” pas.

Mais ça peut ouvrir un espace.
Et parfois, c’est déjà énorme.

Écouter ensemble

Un des plus beaux souvenirs du festival restera pour moi les écoutes collectives.
Des gens assis côte à côte.
Sans écran.
À l’écoute.

Des respirations qui se synchronisent.
Des rires timides.
Des silences très « pleins ».

J’y ai vu quelque chose de profondément politique et doux à la fois :
prendre le temps d’écouter les voix qu’on n’entend jamais.

Ce que je ramène dans mon sac MerciPapi!

Je suis repartie :
fatiguée (oui 4 jours d’écoute et de rencontres c’est inteeeense).
connectée (encore plus) à ce qui m’a donné envie de faire du podcast. ❤️
Et nourrie.

Avec encore plus de conviction dans ce que je fais chez MerciPapi! :
prendre le temps,
créer un cadre sécurisant,
respecter les silences autant que les mots,
et faire du son un espace de transmission.

Parce que raconter des histoires vraies, ça ne sert pas à faire du sensationnel.

Ça sert à :

  • mieux comprendre ce qui nous précède,
  • mettre des mots là où il n’y en avait pas,
  • créer de l’empathie,
  • et parfois, réparer symboliquement.

En quittant le festival, j’ai noté cette phrase, entendue au détour d’une écoute (un podcast à écouter ici d’ailleurs) :

« Je n’ai jamais entendu plus beau visage que sa voix. »

Je crois que tout est là.

À bientôt 💛
Margaux

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